REGGAE

CLINTON FEARON (JAM)

Clinton Fearon ressuscite le reggae authentique, celui que l’on croyait disparu en même temps que Bob Marley et l’âge d’or des 70s.

Après plusieurs tournées acoustiques en solo, il se produira pour la première fois à la Cigale (28 Octobre 2014), en électrique et en groupe !

Clinton Fearon a conservé la même ferveur intacte depuis quarante ans : ses mélodies acoustiques, toujours enregistrées en analogue sur ce nouvel album, exalent le parfum unique du meilleur roots de Kingston. Les chœurs et le refrain de « The Hunter » rappellent par exemple ceux des premiers 45 tours avec The Gladiators. « Il n’y a que des nouvelles compositions sur cet album, aucune reprise. Mais je chante depuis tellement longtemps qu’il est possible que certaines mélodies se ressemblent parfois, ce n’est pas volontaire. J’avais 19 ans lors de mon premier enregistrement avec The Gladiators, chez le producteur Lloyd Daley pour les singles « Freedom Train » et « Rock A Man Soul ».

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Avec le retour de Nile Rodgers, le Grammy Award des Isley Brothers, le succès internatonal du biopic sur Sixto Rodriguez, les albums récents de Bobby Womack ou de Larry Graham, la planète musique n’en finit pas de célébrer les légendes vivantes de la soul américaine des années 70. On ne peut que s’en réjouir, mais en même temps, on ne peut que déplorer que les vétérans jamaïcains de la même époque ne connaissent pas le même regain de popularité. Certains d’entre-eux perpétuent pourtant avec panache la tradition du reggae authentique.

Clinton Fearon a conservé la même ferveur intacte depuis quarante ans: ses mélodies acoustiques, toujours enregistrées en analogue sur ce nouvel album, exhalent le parfum unique du meilleur roots de Kingston. Les chœurs et le refrain de « The Hunter » rappellent par exemple ceux des premiers 45 tours avec The Gladiators. « Il n’y a que des nouvelles compositions sur cet album, aucune reprise. Mais je chante depuis tellement longtemps qu’il est possible que certaines mélodies se ressemblent parfois, ce n’est pas volontaire. J’avais 19 ans lors de mon premier enregistrement avec The Gladiators, chez le producteur Lloyd Daley pour les singles  Freedom Train et  Rock A Man Soul ».

Depuis plus d’un demi-siècle, le reggae est la boussole de sa vie. Le chanteur provincial, originaire de la campagne de St Andrew, raconte : « J’ai grandi dans les collines. Les arbres et les oiseaux étaient mes seuls amis. J’étais un gamin très timide et solitaire, mais la musique m’a libéré, elle m’a ouvert les yeux. C’est en faisant de la musique que je me suis enfin libéré dans mon rapport aux autres. » Après avoir fait le tour du monde au sein du célèbre trio The Gladiators, il s’installa à Seattle en 1987. Il y produit seul son premier album sous son nom, Disturb The Devil, en 1995.

Vingt ans plus tard, son inspiration ne s’est jamais tarie. Il continue de composer, de surprendre, et de combler aujourd’hui tous les amateurs de reggae avec un disque qui pourrait bien s’avérer être son meilleur album à ce jour. Sur un solide socle basse-batterie, les cuivres et les claviers sont distillés avec une heureuse parcimonie, sans jamais jouer la surenchère. La magie de ses compositions vient aussi de son amour du moindre détail, comme ces courtes mais étincelantes phrases de guitare sur le refrain de « Blame Game ». Bassiste de formation, chanteur, mais aussi guitariste et percussionniste, Clinton Fearon est accompagné de sept musiciens sur scène lorsque les budgets de tournée le lui permettent.

« En arrivant à Seattle, j’ai du tout recommencer à zéro. Le reggae n’est pas très connu par les musiciens de ce pays, mais à force de travail et de patience, nous avons construit un très bon groupe. Je ne suis pas du genre à changer de batteur à chaque disque, j’aime entretenir des relations solides avec mes musiciens afin qu’ils mûrissent au fil des années. C’est ainsi qu’on obtient la meilleure musique à mon avis. » Outre ce son acoustique millésimé, Clinton Fearon s’applique aussi à polir ses refrains spirituels et ses messages sociaux : il soutient les victimes d’un système libérale sans humanité ni morale (« Poor Nana »), et il invite l’auditeur à le suivre sur le chemin de l’amour (« Come By Yah »). Il explique ainsi le titre de l’album : « La violence, le scandale et le vice sont devenus des marchandises, c’est ce que l’on vend le mieux dans les médias, dans les films ou dans la musique également… Je veux proposer autre chose. »

Sa musique lui ressemble, c’est aussi son caractère affable, profondément généreux, qui enlumine ses arpèges. Au quotidien, ce grand-père rasta, passionné comme un adolescent de 63 ans, arbore toujours un sourire et un regard bienveillant. La France est véritablement devenu son second pays d’adoption. Il a tellement voyagé en TGV d’un bout à l’autre de l’hexagone que le thème musical de la SNCF a même fini par lui inspirer une chanson, « We No Know It ».

Il reprendra la route dès le printemps pour défendre en live ce nouvel album. Comme chaque année, il alternera entre des prestations dans les grands festivals et des concerts plus intimistes dans des petits clubs. Tout cela avec le même enthousiasme, à chaque fois. « Je suis comblé de pouvoir continuer à vivre mon rêve, en jouant ma musique. Ce n’est pas facile au niveau de  la reconnaissance, ça a pris du temps. Mais j’ai persévéré et aujourd’hui, quand quelqu’un vient me voir et me dit que ma musique le touche, ses mots me font vraiment sentir fier, ça vaut plus que de l’or. »

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